Nous avons spontanément l'impression d'être les meilleurs juges de nos propres pensées. Pourtant, nos rêves, nos désirs, nos habitudes, nos oublis ou certains de nos comportements semblent parfois nous échapper. Avec la notion d'inconscient, la philosophie interroge une idée fondamentale : sommes-nous réellement maîtres de notre vie psychique ?
Lorsque nous pensons, nous avons généralement conscience de penser. Lorsque nous décidons d'agir, nous avons souvent conscience de notre décision. Cette expérience donne naissance à une intuition très forte : nous serions conscients de ce qui se passe en nous. Mais cette intuition rencontre rapidement des difficultés.
Cette affirmation paraît simple. Pourtant, pouvons-nous toujours expliquer pourquoi nous désirons telle chose ? Pourquoi certaines personnes nous attirent-elles ? Pourquoi faisons-nous parfois quelque chose que nous regrettons immédiatement ? Pourquoi certains souvenirs semblent-ils impossibles à retrouver ?
Une pensée consciente est une pensée dont nous avons directement connaissance. Nous avons donc tendance à identifier notre vie psychique à ce dont nous avons conscience.
Il arrive que nous agissions sans pouvoir expliquer clairement l'origine de notre comportement. Notre conscience ne semble donc pas toujours suffisante pour expliquer ce que nous faisons.
Si des pensées, désirs ou représentations peuvent exister sans être conscients, alors notre conscience ne serait qu'une partie de notre activité psychique.
L'inconscient désigne, au sens général, ce qui échappe à la conscience. Mais cette définition reste insuffisante : elle peut désigner aussi bien une action automatique qu'une réalité psychique profonde. Toute la difficulté philosophique consiste donc à déterminer ce qui peut être inconscient et comment cet inconscient peut éventuellement agir sur nous.
Pour comprendre l'inconscient, il faut d'abord comprendre ce que signifie être conscient. La conscience n'est pas seulement le fait d'être réveillé : elle désigne aussi la capacité à avoir une expérience de soi et du monde.
Conscience de soi
Je ne fais pas seulement l'expérience du monde : je peux aussi savoir que c'est moi qui pense, ressens ou agis.
→ « Je sais que je suis en train de réfléchir. »
Conscience du monde
La conscience nous permet d'être présents à ce qui nous entoure : objets, personnes, événements, sensations.
→ voir, entendre, observer, comprendre une situation
Conscience morale
Le mot conscience peut également désigner la capacité à distinguer ce que nous jugeons bien ou mal et à nous interroger sur nos actions.
→ « Ai-je bien fait d'agir ainsi ? »
Conscience réfléchie
La conscience peut se retourner sur elle-même : nous pouvons prendre nos propres pensées comme objet de réflexion.
→ « Pourquoi est-ce que je pense cela ? »
Ne pas être conscient de quelque chose ne signifie pas
automatiquement que cette chose appartient à un inconscient psychique.
Une personne peut simplement ignorer une information, être distraite
ou effectuer un geste devenu automatique.
C'est précisément cette distinction qu'il faudra conserver lorsque nous
étudierons Freud.
Imagine une situation très simple : tu rencontres quelqu'un pour la première fois et tu ressens immédiatement de la sympathie pour cette personne. Tu peux constater ton sentiment, mais peux-tu nécessairement expliquer toutes les causes de ce sentiment ?
Tu pourrais répondre :
« J'aime bien cette personne parce qu'elle est sympathique. »
Mais cette réponse explique-t-elle réellement tout ? Peut-être que sa voix, son attitude, sa manière de parler, certains souvenirs qu'elle fait naître ou des éléments que tu ne remarques même pas consciemment jouent également un rôle.
Le problème devient alors : est-ce que connaître ce que nous ressentons signifie connaître toutes les causes de ce que nous ressentons ?
Si certaines causes de nos pensées et de nos actions échappent à notre conscience, alors nous ne sommes peut-être pas totalement transparents à nous-mêmes.
Cette difficulté rejoint une question plus large de philosophie : peut-on être certain de bien se connaître ? Cette question pourra être rapprochée plus tard des notions de conscience, de liberté, de vérité et d'identité personnelle. Elle est utile pour enrichir une copie, mais elle n'est pas nécessaire pour maîtriser le cœur de la leçon.
Avant même de construire une théorie philosophique de l'inconscient, certaines expériences ordinaires semblent montrer que notre activité mentale ne se réduit pas à ce dont nous avons conscience.
Dans le rêve, nous faisons l'expérience d'images, de situations et d'émotions que nous n'avons pas volontairement choisies. Cela soulève une question : une activité mentale peut-elle exister sans contrôle conscient ?
Un lapsus est une erreur involontaire de langage. Il peut sembler insignifiant, mais Freud y verra parfois l'expression indirecte d'une pensée ou d'un désir qui cherche à se manifester.
Nous pouvons être capables de constater que nous désirons quelque chose sans être capables d'expliquer entièrement l'origine de ce désir.
Une habitude permet d'accomplir certaines actions avec très peu d'attention consciente. Cela montre au minimum que toute activité humaine n'est pas constamment accompagnée d'une réflexion consciente.
Oublier peut être une conséquence normale du fonctionnement de la mémoire. Mais Freud s'interrogera sur certains oublis qui pourraient avoir une signification psychique.
Une action ratée, un objet oublié ou une erreur apparemment anodine peuvent parfois sembler révéler autre chose qu'un simple hasard. C'est une des pistes que la psychanalyse cherchera à interpréter.
Le fait qu'une action soit inconsciente ne prouve pas encore l'existence d'un « inconscient » au sens freudien. Une action automatique peut simplement être devenue une habitude. Il faut donc éviter de passer trop rapidement de : « je n'en ai pas conscience » à : « une force inconsciente me détermine ».
Le mot « inconscient » paraît simple : il désignerait ce dont nous n'avons pas conscience. Pourtant, cette définition est trop large. En philosophie, il faut distinguer plusieurs situations très différentes.
Une personne endormie ou évanouie n'a pas conscience de ce qui l'entoure à cet instant. Il s'agit d'une absence momentanée de conscience.
Certaines actions deviennent automatiques grâce à l'habitude. Nous pouvons alors les accomplir sans porter toute notre attention sur chacune des étapes.
C'est le sens développé notamment par Freud : certains désirs, représentations ou conflits psychiques pourraient exister sans être consciemment connus par le sujet.
| Situation | Conscience ? | Inconscient psychique ? |
|---|---|---|
| Sommeil profond | Non, momentanément | Pas nécessairement |
| Faire du vélo après des années de pratique | Pas à chaque geste | Pas nécessairement |
| Désir dont je ne comprends pas l'origine | Partiellement | Hypothèse possible |
| Acte manqué interprété par Freud | Non consciemment voulu | Oui, selon la théorie freudienne |
Une conception classique du sujet consiste à penser que l'individu peut, au moins en principe, savoir ce qui se passe en lui. La découverte de l'inconscient remet directement cette idée en question.
Je suis conscient de mes pensées. Je peux donc réfléchir sur moi-même et essayer de comprendre mes motivations.
Si certains désirs et certaines représentations sont inconscients, alors le sujet ne possède pas un accès immédiat à toute sa vie psychique.
L'inconscient ne pose pas seulement un problème de connaissance. Il pose également un problème concernant la liberté.
Si je peux réfléchir, choisir entre plusieurs possibilités et accomplir volontairement une action, il semble naturel de me considérer comme libre.
Si mes décisions sont influencées par des causes que j'ignore, peut-on encore dire que je suis totalement maître de mes choix ?
C'est une distinction essentielle. Le fait qu'un comportement ait des causes inconscientes ne signifie pas automatiquement que toute liberté est impossible.
Le problème de l'inconscient est lié à celui de la liberté : si je ne connais pas toutes les causes qui déterminent mes pensées et mes actions, alors ma conscience ne suffit peut-être pas à expliquer ma conduite. Mais il faudra encore déterminer si cette influence inconsciente supprime réellement ma liberté ou si je peux apprendre à mieux me connaître et ainsi devenir davantage maître de moi-même.
Pour comprendre le problème de l'inconscient, il faut connaître une autre notion importante : le déterminisme.
Déterminisme ≠ fatalisme
Le déterminisme est l'idée selon laquelle les événements possèdent des causes qui permettent, en principe, d'expliquer pourquoi ils se produisent.
Le fatalisme, lui, consiste plutôt à penser que certains événements doivent nécessairement arriver, quoi que nous fassions.
Déterminisme
« Mon comportement possède des causes. »
→ chercher les causes d'un comportement
Fatalisme
« Quoi que je fasse, l'événement arrivera nécessairement. »
→ aucune action ne pourrait modifier l'issue
Au XIXe siècle puis au début du XXe, Sigmund Freud développe la psychanalyse. Il ne se contente pas de dire que nous ne sommes pas toujours conscients : il affirme qu'une partie de notre vie psychique est organisée par des processus inconscients qui peuvent influencer notre comportement.
Nous allons maintenant entrer dans le cœur de la théorie freudienne : le rêve, le refoulement, les actes manqués, les pulsions et les différentes instances de l'appareil psychique.
Dans l'histoire de la philosophie, l'idée d'une activité mentale
échappant à la conscience n'apparaît pas uniquement avec Freud.
Certains penseurs avant lui avaient déjà réfléchi aux limites de la
conscience.
Pour le Bac, Freud reste cependant la référence centrale à maîtriser
lorsqu'on traite directement de l'inconscient.
Avec Sigmund Freud, l'inconscient cesse d'être une simple absence de conscience. Il devient une véritable dimension de la vie psychique. Une partie de ce que nous pensons, désirons et faisons peut avoir des causes dont nous n'avons pas conscience.
Médecin et neurologue autrichien, Freud est considéré comme le fondateur de la psychanalyse. Son travail cherche notamment à comprendre certains phénomènes psychiques qui semblent incompréhensibles si l'on considère que la conscience contrôle entièrement nos pensées et nos comportements.
Son idée fondamentale peut être formulée ainsi : nous ne savons pas nécessairement tout ce qui se passe en nous.
Cette formule résume une idée majeure de la psychanalyse : le sujet conscient n'est pas entièrement souverain dans sa propre vie psychique. Nous pouvons croire que nous savons pourquoi nous agissons alors que certaines motivations plus profondes nous échappent.
Dire que le moi n'est pas maître ne signifie pas que nous ne contrôlons absolument rien. Freud remet plutôt en question l'idée selon laquelle la conscience serait capable d'expliquer à elle seule toutes nos pensées et toutes nos actions.
La psychanalyse est à la fois une méthode d'exploration de la vie psychique et un ensemble de théories concernant le fonctionnement de l'esprit humain.
Freud s'intéresse notamment aux rêves, aux symptômes, aux lapsus, aux oublis et aux comportements qui semblent dépourvus de raison.
Un comportement apparemment absurde peut, selon Freud, avoir une signification si l'on découvre le désir ou le conflit inconscient qui l'a produit.
Le travail analytique vise notamment à permettre au sujet de mettre en mots certains contenus psychiques jusque-là inconscients.
Dans une première représentation de l'appareil psychique, Freud distingue trois systèmes : le conscient, le préconscient et l'inconscient.
Pensées, perceptions et représentations présentes dans mon esprit au moment où je les vis.
→ « Je lis cette phrase. »
Des souvenirs ou connaissances qui ne sont pas actuellement présents à l'esprit mais qui peuvent être rappelés relativement facilement.
→ « Quel est ton prénom ? »
Des représentations et désirs qui ne sont pas directement accessibles à la conscience et qui peuvent être maintenus hors d'elle.
→ accès indirect / interprétation
Une question essentielle apparaît immédiatement : si une représentation existe dans notre esprit, pourquoi n'en avons-nous pas conscience ? Freud répond notamment par le concept de refoulement.
Un désir ou une représentation peut entrer en conflit avec les exigences morales, sociales ou personnelles du sujet.
Le contenu est écarté de la conscience et demeure dans l'inconscient.
Le refoulement ne signifie donc pas nécessairement que le contenu disparaît. Il peut continuer à agir de manière indirecte et réapparaître sous une forme transformée : dans un rêve, un lapsus, un symptôme ou un acte manqué.
Pour Freud, le rêve n'est pas simplement une suite d'images absurdes produites au hasard. Il peut constituer une voie privilégiée permettant d'approcher certains désirs inconscients.
Contenu manifeste
C'est ce dont le rêveur se souvient au réveil : les images, les personnages et les événements du rêve.
→ « J'ai rêvé que je volais. »
Contenu latent
Il correspond, dans l'interprétation freudienne, au sens ou aux désirs inconscients qui se trouvent derrière le contenu manifeste.
→ ce que le rêve pourrait exprimer indirectement
Pour Freud, le rêve est une manifestation de l'activité inconsciente. Il faut donc distinguer ce dont je me souviens du rêve et ce que son contenu peut signifier dans l'interprétation psychanalytique.
Freud accorde également une grande importance aux erreurs apparemment banales de la vie quotidienne.
Une erreur de langage peut, selon Freud, révéler indirectement une pensée ou un désir qui n'était pas consciemment formulé.
Certains oublis pourraient être liés à des conflits ou à des résistances inconscientes plutôt qu'à une simple défaillance accidentelle.
Freud invite à se demander si l'erreur est réellement dépourvue de sens ou si elle peut exprimer indirectement une intention inconsciente.
Freud applique également cette logique aux symptômes psychiques. Un symptôme peut sembler incompréhensible si on le considère uniquement comme un comportement isolé.
Symptôme = manifestation visible + cause psychique à rechercher
Le symptôme peut alors être compris comme une sorte de compromis : quelque chose cherche à s'exprimer, mais rencontre une résistance.
La psychanalyse cherche ainsi à reconstruire le sens de cette manifestation plutôt qu'à la considérer comme un phénomène sans signification.
① Une partie de l'esprit échappe à la conscience
La conscience ne suffit pas à expliquer toute notre vie psychique.
② Certains contenus sont refoulés
Des désirs ou représentations peuvent être écartés de la conscience.
③ Le refoulé continue d'agir
L'inconscient n'est pas une simple absence : il peut produire des effets.
④ Il revient indirectement
Rêves, lapsus, actes manqués et symptômes peuvent être interprétés comme des manifestations de processus inconscients.
Chez Freud, l'inconscient est actif. Il ne désigne pas simplement ce dont nous ne nous occupons pas consciemment. Des processus inconscients peuvent influencer notre comportement et se manifester indirectement.
Freud développera plusieurs modèles de l'appareil psychique au cours
de son œuvre.
La distinction conscient / préconscient / inconscient appartient à ce
qu'on appelle généralement la première topique.
Cette évolution est importante pour comprendre l'ensemble de sa pensée,
mais pour le Bac, il faut surtout être capable d'expliquer clairement
l'idée d'un inconscient actif et le mécanisme du refoulement.
La première topique ne suffit pas à décrire toute la théorie freudienne. Freud propose ensuite une nouvelle représentation de l'appareil psychique : le ça, le moi et le surmoi. C'est cette seconde topique qui permettra de mieux comprendre le conflit intérieur au cœur de la psychanalyse.
Freud ne s'arrête pas à la distinction entre conscient et inconscient. Dans un second modèle de l'appareil psychique, il distingue trois instances : le ça, le moi et le surmoi. Elles ne correspondent pas simplement à trois « morceaux » séparés du cerveau : ce sont des fonctions ou instances permettant de représenter les différentes forces qui peuvent entrer en conflit dans la vie psychique.
Le ça représente le pôle pulsionnel de la personnalité. Il cherche la satisfaction de ses désirs et fonctionne selon le principe de plaisir.
→ immédiateté · désir · pulsion
Le moi tente de tenir compte du monde extérieur, des contraintes concrètes et des exigences des autres instances. Il fonctionne notamment selon le principe de réalité.
→ adaptation · décision · réalité
Le surmoi représente notamment les interdits, les normes et les exigences morales intériorisées au cours de la socialisation.
→ interdit · norme · idéal
Prenons une situation simple. Tu as très envie de faire quelque chose, mais tu sais que ce serait interdit ou aurait des conséquences négatives. Le modèle freudien permet de représenter cette situation comme un conflit entre plusieurs exigences.
Le ça
« J'en ai envie. Je veux le faire maintenant. »
Le surmoi
« C'est interdit. Ce n'est pas bien. Tu ne dois pas le faire. »
La réalité
« Si je le fais, il y aura des conséquences concrètes. »
Le moi
« Comment gérer ces différentes exigences ? »
Le moi n'est donc pas simplement synonyme de « conscience ». Dans la seconde topique, il représente une instance qui doit composer avec les exigences du ça, du surmoi et de la réalité extérieure.
Pour Freud, le comportement humain ne peut pas être expliqué uniquement par des décisions rationnelles. Une part importante de notre vie psychique est liée aux pulsions.
Une pulsion est une force psychique qui pousse le sujet vers une certaine satisfaction.
Elle ne doit pas être confondue avec un simple réflexe mécanique. Elle implique une tension interne et une recherche de satisfaction.
Tension
Recherche
Satisfaction
Apaisement
L'être humain ne peut pas satisfaire immédiatement tous ses désirs. La vie sociale et les contraintes du monde extérieur imposent des limites.
Le fonctionnement psychique tend à rechercher la satisfaction immédiate de la pulsion et à éviter le déplaisir.
→ « Je le veux maintenant. »
La satisfaction doit parfois être différée afin de tenir compte des contraintes de la réalité.
→ « Pas maintenant : il faut attendre. »
L'individu apprend à différer ou à transformer la satisfaction de ses désirs pour pouvoir vivre dans le monde réel.
→ adaptation
Nous revenons maintenant au problème posé au début de la leçon. Si mes décisions sont influencées par des désirs et des conflits inconscients, alors puis-je encore dire que je suis l'auteur de mes actes ?
« Je crois choisir librement, mais certaines causes de mon choix m'échappent. »
« Une action dont je ne connais pas les causes est-elle vraiment libre ? »
Il serait trop rapide de conclure : « Freud découvre l'inconscient, donc l'homme n'est plus libre. » Le problème est plus subtil.
Si des désirs et des mécanismes psychiques agissent à mon insu, ma connaissance de moi-même est moins complète que je ne le pensais.
Si je prends conscience de certains mécanismes qui déterminent mon comportement, je peux éventuellement mieux les maîtriser.
La connaissance de soi peut être une condition de l'autonomie, mais elle ne garantit pas à elle seule que nous pouvons faire absolument tout ce que nous voulons.
Ne présente jamais le raisonnement comme une simple opposition : « conscient = libre » / « inconscient = déterminé ». La vraie question est de savoir si la découverte de déterminations inconscientes détruit la liberté ou si la prise de conscience de ces déterminations peut au contraire contribuer à une plus grande autonomie.
Inconscient
Une dimension active de la vie psychique qui échappe à la conscience.
Refoulement
Mécanisme par lequel certains contenus sont maintenus hors de la conscience.
Ça
Pôle pulsionnel orienté vers la satisfaction.
Moi
Instance chargée notamment de composer avec la réalité et les différentes exigences psychiques.
Surmoi
Instance liée aux interdits, normes et idéaux intériorisés.
Acte manqué
Erreur qui peut, selon Freud, révéler indirectement un désir inconscient.
Non. Freud donne une forme nouvelle et particulièrement influente à la notion d'inconscient, mais des philosophes avant lui avaient déjà montré que notre conscience ne suffit pas nécessairement à expliquer tout ce qui se passe en nous.
Pour comprendre ce que Freud va remettre en question, il faut d'abord comprendre la place centrale donnée à la conscience dans la philosophie moderne.
Dans le Discours de la méthode et les Méditations métaphysiques, René Descartes cherche une certitude absolument indubitable. Il découvre que même s'il doute de tout, il ne peut pas douter du fait qu'il est en train de penser.
Je peux douter de ce que je perçois.
Je ne peux pas douter que je pense lorsque je doute.
Le cogito donne une place extrêmement importante à la conscience : lorsque je pense, j'ai immédiatement accès au fait que je pense. Cela ne signifie pas que Descartes prétend connaître toutes les causes de ses comportements, mais sa philosophie permet de représenter le sujet comme une réalité essentiellement pensante.
Le fait de penser est directement accessible à celui qui pense.
La conscience occupe une place fondamentale dans l'identité du sujet.
Freud va précisément mettre en doute l'idée que ce dont je suis conscient constitue l'ensemble de ma vie psychique.
La conscience permet d'accéder à la pensée.
Une partie de la vie psychique échappe à la conscience.
Il ne faut pas écrire au Bac que « Freud réfute complètement Descartes ». Les deux philosophes ne répondent pas exactement à la même question. Le cogito établit une certitude concernant l'existence du sujet pensant ; Freud s'intéresse surtout à la capacité de la conscience à expliquer l'ensemble de la vie psychique.
Friedrich Nietzsche critique lui aussi l'idée selon laquelle la raison consciente serait le centre absolu de l'être humain. Selon lui, les pensées conscientes sont liées à des forces, instincts et besoins plus profonds.
Nietzsche invite ainsi à ne pas considérer l'être humain comme une conscience pure qui commanderait simplement à un corps. Nos instincts, nos désirs et notre histoire corporelle participent également à ce que nous sommes.
Nous pouvons rationaliser après coup des comportements dont les véritables motivations sont plus complexes.
Nos instincts et notre rapport au corps jouent un rôle dans notre manière de penser et d'agir.
Ce que nous appelons « raison » peut parfois être une interprétation produite après coup.
| Nietzsche | Freud |
|---|---|
| Critique de la domination de la conscience et de la raison. | Théorie structurée de l'inconscient et de ses mécanismes. |
| Importance des instincts, du corps et des forces qui traversent l'individu. | Importance des pulsions et des conflits psychiques. |
| Une critique philosophique de l'idée d'un sujet purement rationnel. | Une théorie et une pratique spécifiques : la psychanalyse. |
Karl Marx apporte une autre critique de l'idée d'un individu complètement autonome. Il insiste notamment sur le rôle des conditions matérielles et sociales dans la formation de nos représentations.
Nous ne pensons pas dans le vide.
Notre manière de vivre, notre position sociale, notre époque et les rapports économiques dans lesquels nous sommes pris peuvent influencer nos représentations du monde.
Marx ne propose pas une théorie de l'inconscient psychique comparable à celle de Freud. Son intérêt ici est différent : il permet de montrer qu'un individu peut être influencé par des déterminations qu'il ne perçoit pas immédiatement.
Des désirs, pulsions et conflits inconscients peuvent influencer nos comportements.
La conscience rationnelle ne suffit pas à expliquer les forces qui traversent l'individu.
Nos représentations peuvent être influencées par nos conditions sociales et matérielles.
❌ « Freud dit que nous sommes inconscients. »
Faux. Freud distingue plusieurs dimensions de la vie psychique. Nous avons bien une conscience, mais elle ne suffit pas à expliquer toute notre activité mentale.
❌ « L'inconscient est une deuxième personne en moi. »
Non. L'inconscient n'est pas un petit individu caché dans notre tête. Il désigne des processus et contenus psychiques qui échappent à la conscience.
❌ « Si je suis déterminé, je ne suis plus responsable. »
C'est une conclusion qu'il faut justement discuter. La question de la responsabilité dépend notamment de la manière dont on définit la liberté, la contrainte et la capacité d'agir.
❌ « Freud prouve scientifiquement que tous nos actes sont inconscients. »
Il faut éviter cette formulation. La psychanalyse est une théorie particulière de la vie psychique, qui a fait l'objet de nombreuses discussions et critiques.
Si nous sommes influencés par des déterminations psychiques, sociales ou corporelles, faut-il abandonner l'idée de liberté ? La prochaine partie va opposer plusieurs conceptions de la liberté et montrer comment la connaissance de soi peut éventuellement devenir une condition de l'autonomie.
On associe souvent Freud, Nietzsche et Marx sous l'expression
« philosophes du soupçon », popularisée notamment
par le philosophe Paul Ricœur.
L'idée générale est qu'ils nous invitent à nous méfier des explications
immédiatement conscientes que nous donnons de nous-mêmes et du monde.
Cette expression est utile pour enrichir une copie, mais elle n'est
pas indispensable pour traiter correctement un sujet
du Bac sur l'inconscient.
La découverte de l'inconscient semble poser un problème majeur à la liberté. Nous avons tendance à penser que je suis libre lorsque je peux choisir consciemment ce que je veux faire. Mais si mes désirs eux-mêmes ont des causes que j'ignore, peut-on encore dire que je suis véritablement l'auteur de mes choix ?
« Je choisis librement. »
« Mais pourquoi est-ce que je veux cela ? »
« Si je ne connais pas les causes de mon désir, suis-je réellement libre ? »
Baruch Spinoza défend une conception déterministe de la réalité. Pour lui, tout ce qui arrive possède des causes. L'être humain n'échappe pas à cet ordre de la nature.
Cette idée est fondamentale pour comprendre le problème de la liberté. Nous avons conscience de ce que nous faisons et de ce que nous désirons, mais nous n'avons pas nécessairement conscience de ce qui produit ces désirs et ces décisions.
Je peux avoir conscience de mon désir et de mon action.
Les causes qui produisent mon désir ou ma décision peuvent m'échapper.
Je peux alors interpréter comme une liberté absolue ce qui est en réalité le résultat d'un ensemble de causes.
C'est un piège classique. Dire que nos actions ont des causes ne signifie pas que tout serait décidé à l'avance par une sorte de destin mystérieux.
Déterminisme
Tout événement possède des causes qui permettent, en principe, d'expliquer pourquoi il se produit.
Fatalisme
L'idée selon laquelle ce qui doit arriver arrivera quoi que nous fassions.
Différence essentielle
Dans le déterminisme, nos actions elles-mêmes font partie de la chaîne des causes.
Enjeu philosophique
Comprendre les causes qui nous déterminent peut modifier notre manière d'agir.
Déterminé ≠ condamné à l'avance. Le déterminisme affirme l'existence de causes ; le fatalisme affirme que nos efforts ne peuvent rien changer.
Si être libre signifie « être totalement indépendant de toute cause », alors la liberté devient impossible. Spinoza propose donc une autre manière de penser la liberté.
Être libre =
ne dépendre de rien.
Être libre =
comprendre les causes
qui nous déterminent.
Plus je comprends les causes qui déterminent mes pensées et mes comportements, plus je peux comprendre ce qui m'arrive et agir avec davantage de lucidité.
Jean-Paul Sartre propose une critique radicale de la conception freudienne de l'inconscient. Pour lui, faire de l'inconscient une instance qui expliquerait mes actes risque de devenir une manière de fuir ma responsabilité.
Dans la philosophie existentialiste de Sartre, l'être humain n'est pas défini à l'avance par une nature ou un destin. Il se construit notamment par ses choix.
L'individu ne peut pas simplement attribuer ses actes à une force extérieure pour échapper à sa responsabilité.
La conscience est conscience de quelque chose et implique une relation au monde et à ses propres projets.
Mais Sartre explique ce phénomène sans avoir besoin d'un inconscient conçu comme une autre instance psychique.
Pour Sartre, l'être humain peut chercher à fuir l'angoisse liée à sa liberté en se persuadant qu'il n'a pas réellement le choix.
« Je n'y peux rien, c'est ma nature. »
Pour Sartre, ce type de discours peut servir à transformer une possibilité en nécessité. L'individu présente son comportement comme imposé alors qu'il participe lui-même à la manière dont il choisit d'exister.
| Freud | Sartre |
|---|---|
| Une partie de nos motivations peut être inconsciente. | L'individu ne peut pas utiliser l'inconscient comme excuse pour supprimer sa responsabilité. |
| Le sujet n'est pas totalement maître de sa vie psychique. | L'être humain est fondamentalement engagé dans ses choix. |
| Il faut comprendre les déterminations inconscientes. | Il faut reconnaître sa liberté et ne pas se dissimuler à soi-même ses possibilités. |
| La conscience n'explique pas tout. | La conscience ne peut pas être remplacée par un mécanisme inconscient qui déciderait à ma place. |
Il ne faut pas forcément choisir définitivement entre Freud et Sartre. Le débat permet surtout de comprendre deux problèmes différents : sommes-nous déterminés par des mécanismes qui nous échappent ? Et si oui : cette détermination supprime-t-elle nécessairement toute liberté ?
La conscience ne suffit pas à expliquer nos comportements.
Se réfugier derrière une détermination inconsciente peut devenir une manière de fuir sa responsabilité.
Peut-être que devenir plus libre suppose justement de connaître les déterminations qui pèsent sur nous afin de mieux agir avec elles.
Ces références ne servent pas à faire une liste d'auteurs. Elles doivent permettre de faire progresser ton raisonnement.
Sujet possible
« Sommes-nous responsables de nos désirs ? »
Première idée
On pourrait penser que oui, puisque nous avons conscience de nos désirs et pouvons décider de les suivre ou non.
Objection
Freud montre cependant que certains désirs peuvent avoir des causes inconscientes que le sujet ne maîtrise pas pleinement.
Nouvelle difficulté
Mais si toute détermination supprimait la responsabilité, il faudrait expliquer pourquoi comprendre nos déterminations peut justement nous permettre de mieux agir.
Le débat Freud / Sartre est particulièrement intéressant parce qu'il oppose deux conceptions de la subjectivité. Freud insiste sur ce qui échappe à la conscience ; Sartre insiste sur la capacité du sujet à assumer son existence et ses choix. Cette opposition est utile pour enrichir une copie, mais il vaut mieux maîtriser parfaitement Freud, le déterminisme et la définition de la liberté avant de chercher à utiliser Sartre.
Une difficulté apparaît immédiatement : si l'inconscient est précisément ce dont nous n'avons pas conscience, comment pouvons-nous savoir qu'il existe ? Freud répond en développant une méthode particulière : la psychanalyse.
L'inconscient ne se montre pas directement : il se manifeste indirectement.
Freud accorde une importance considérable aux rêves. Dans L'Interprétation du rêve, publiée en 1900, il considère le rêve comme un phénomène permettant d'étudier les processus inconscients.
C'est le récit du rêve tel qu'il apparaît au réveil : personnages, événements, images et situations.
Freud cherche les désirs et significations inconscients qui peuvent être exprimés de manière transformée dans le rêve.
Le désir inconscient n'apparaît pas nécessairement directement : il peut être transformé, déplacé ou condensé.
Le contenu manifeste correspond à ce dont le rêveur se souvient. Le contenu latent désigne ce que Freud cherche à reconstruire derrière ce récit. Il ne faut donc pas dire simplement : « le rêve est le désir inconscient ». Il faut parler d'un désir ou d'un contenu qui peut être transformé et dissimulé dans le rêve.
Pour Freud, les contenus inconscients peuvent être transformés avant d'atteindre la conscience. Deux mécanismes sont particulièrement importants : la condensation et le déplacement.
Condensation
Plusieurs représentations ou éléments psychiques peuvent être regroupés dans une seule image ou représentation.
→ plusieurs significations dans une même figure du rêve
Déplacement
L'importance affective attachée à un élément peut être transférée vers un autre élément.
→ une émotion importante se porte sur un détail secondaire
Censure
Le contenu psychique peut être transformé afin de ne pas apparaître directement à la conscience.
Interprétation
Le travail analytique cherche à reconstruire un sens à partir de ces manifestations transformées.
Nous faisons tous des erreurs : oublier un nom, se tromper de mot, chercher un objet que l'on avait sous les yeux... Pour Freud, certaines de ces erreurs peuvent avoir une signification psychique.
Un acte manqué n'est pas nécessairement une preuve automatique de l'existence d'un désir inconscient. Dans la théorie freudienne, il peut être interprété comme une manifestation indirecte d'un conflit ou d'une intention inconsciente.
Le symptôme occupe une place importante dans la psychanalyse. Il ne s'agit pas simplement d'un problème physique observable : Freud cherche également à comprendre le sens psychique de certains symptômes.
Un désir ou une représentation entre en opposition avec une interdiction ou une exigence psychique.
Le conflit peut trouver une expression indirecte.
Le symptôme peut alors être considéré comme une forme de compromis entre des forces psychiques opposées.
Pour Freud, le refoulement ne détruit pas nécessairement le contenu psychique. Ce qui est écarté de la conscience peut continuer à agir et revenir sous une autre forme.
Un contenu psychique entre en conflit avec les exigences du sujet.
Le contenu est maintenu hors de la conscience.
Il peut réapparaître sous forme de rêve, d'acte manqué ou de symptôme.
Freud ne réduit pas toute la vie humaine à la satisfaction directe des pulsions. Une pulsion peut être détournée vers une activité socialement valorisée : c'est notamment ce que Freud désigne par le mécanisme de sublimation.
La sublimation permet ainsi de penser une transformation des pulsions, plutôt qu'une opposition simpliste entre « satisfaire ses pulsions » et « les supprimer ».
Une difficulté apparaît : si l'inconscient est par définition inaccessible directement à la conscience, comment savoir que l'interprétation que nous en faisons est correcte ?
Problème
Le patient ne peut pas simplement « regarder » son inconscient comme il regarde un objet extérieur.
Réponse psychanalytique
L'inconscient est étudié à partir de ses manifestations et du travail d'interprétation.
Difficulté
Une interprétation peut être discutée : comment distinguer une interprétation pertinente d'une interprétation simplement inventée ?
Enjeu philosophique
La question devient celle du statut de la psychanalyse comme forme de connaissance.
La théorie freudienne a profondément influencé la philosophie, la psychologie, la littérature et la culture. Mais son statut scientifique a été fortement discuté.
Karl Popper reproche notamment à la psychanalyse de pouvoir interpréter de nombreux comportements de manière à rendre sa théorie difficile à réfuter.
Si un comportement et son contraire peuvent tous deux être expliqués par la théorie, comment pourrait-on démontrer que l'explication est fausse ?
Même si son statut scientifique est discuté, la psychanalyse a profondément transformé la manière de penser le sujet, le désir, le langage et la responsabilité.
Une théorie scientifique doit pouvoir, en principe, être mise à l'épreuve et risquer d'être réfutée.
« Si X est vrai, alors certaines observations devraient être incompatibles avec X. »
On cherche à savoir si les observations peuvent contredire l'hypothèse.
La critique de Popper est utile pour montrer que la question de l'inconscient n'est pas seulement psychologique. Elle pose également une question épistémologique : comment distinguer une véritable connaissance d'une interprétation impossible à réfuter ? Cette référence est intéressante dans une copie ambitieuse, mais elle est secondaire par rapport à la maîtrise de Freud et du problème de la liberté.
Nous pouvons maintenant rassembler les différentes étapes de la leçon. La découverte de l'inconscient remet en question une représentation classique de l'être humain : celle d'un sujet qui serait parfaitement transparent à lui-même et maître de toutes ses pensées et de tous ses actes.
Je suis conscient de ce que je pense et de ce que je veux. La conscience semble constituer le centre de mon identité.
Une partie de notre vie psychique échappe à la conscience. Des désirs, souvenirs et conflits peuvent continuer à agir sans être consciemment connus.
Je ne suis donc pas nécessairement transparent à moi-même : une partie de ce qui détermine mes pensées et mes comportements peut m'échapper.
C'est probablement la question la plus importante à retenir pour le Bac. Si mes comportements sont influencés par des mécanismes dont je n'ai pas conscience, suis-je encore libre ?
Si je ne connais pas les causes qui déterminent certains de mes comportements, je ne peux pas les contrôler totalement.
La connaissance de soi peut permettre de mieux comprendre certains mécanismes et donc de ne plus les subir de la même manière.
On peut concevoir la liberté comme une capacité à comprendre, réfléchir et agir malgré les déterminismes.
Pour le Bac, il vaut mieux maîtriser quelques références et savoir précisément les utiliser plutôt que d'accumuler des noms sans expliquer leurs idées.
Descartes
La conscience de penser constitue une certitude fondamentale : « je pense ».
→ conscience / sujet
Freud
Une partie de notre vie psychique est inconsciente et peut influencer nos pensées et nos comportements.
→ inconscient / désir / refoulement
Nietzsche
La conscience ne constitue pas nécessairement le centre souverain de l'individu : des forces et pulsions peuvent agir derrière elle.
→ critique de la conscience souveraine
Sartre
Il critique la conception freudienne d'un inconscient psychique qui déterminerait le sujet à son insu.
→ liberté / responsabilité / mauvaise foi
Nietzsche et Sartre sont particulièrement utiles pour enrichir une dissertation. Ils ne sont pas à apprendre avec le même niveau de détail que Freud : l'objectif est surtout de savoir les mobiliser pour construire une opposition ou une nuance.
Partie de la vie psychique qui échappe à la conscience.
Désirs, pulsions, conflits, souvenirs refoulés.
Rêves, actes manqués, symptômes, lapsus.
Interprétation psychanalytique.
Comment connaître ce dont nous n'avons pas conscience ?
L'inconscient remet-il en question notre liberté ?
Conscience
Capacité à avoir une représentation de soi-même, de ses pensées et de ce qui nous entoure.
Inconscient
Ce qui échappe à la conscience mais peut néanmoins participer à la vie psychique et influencer le comportement.
Pulsion
Force psychique poussant le sujet vers une satisfaction.
Refoulement
Processus par lequel une représentation ou un désir conflictuel est maintenu hors de la conscience.
Désir
Tendance orientée vers ce qui est recherché ou imaginé comme source de satisfaction.
Acte manqué
Erreur ou oubli auquel la psychanalyse peut attribuer une signification inconsciente.
Sublimation
Transformation d'une énergie pulsionnelle vers une activité socialement valorisée.
Libre arbitre
Capacité supposée de choisir et d'agir librement entre plusieurs possibilités.
« Sommes-nous maîtres de nous-mêmes ? »
La conscience permet de réfléchir à nos désirs, de prendre des décisions et de contrôler certaines de nos actions.
Freud montre que nos désirs et conflits inconscients peuvent influencer nos comportements sans que nous en ayons conscience.
La liberté peut alors être pensée non comme une maîtrise absolue, mais comme la capacité à comprendre les déterminismes qui nous traversent et à agir à partir de cette compréhension.
Ne fais pas une dissertation qui consiste uniquement à réciter Freud. Le philosophe doit servir à répondre au problème du sujet. Une bonne copie alterne : idée → explication → exemple → référence philosophique → retour au problème.
« Peut-on être responsable de ce que l'on ne contrôle pas ? »
Pour traiter ce sujet, commence par distinguer responsabilité, liberté et contrôle. La théorie freudienne peut ensuite servir à interroger la possibilité d'une responsabilité totale lorsque certaines causes de nos actes nous échappent.
Ce sujet supplémentaire sert uniquement à t'entraîner. Il n'est pas nécessaire de l'apprendre par cœur : l'important est de comprendre comment réutiliser les notions de la leçon dans un nouveau problème.
01 · Qui est Freud ?
Fondateur de la psychanalyse et penseur majeur de l'inconscient.
02 · Qu'est-ce que le refoulement ?
Le maintien hors de la conscience d'une représentation ou d'un désir conflictuel.
03 · Pourquoi le rêve intéresse-t-il Freud ?
Parce qu'il peut manifester indirectement des contenus inconscients.
04 · Qu'est-ce qu'un acte manqué ?
Une erreur ou un oubli pouvant, selon Freud, exprimer indirectement un processus inconscient.
05 · L'inconscient supprime-t-il la liberté ?
Il la rend problématique, mais ne permet pas nécessairement de conclure que toute liberté est impossible.
06 · Quelle critique fait Popper ?
Il met notamment en cause la difficulté à rendre certaines interprétations psychanalytiques véritablement réfutables.
✕ « Freud dit que tout est inconscient. »
Faux ou beaucoup trop simplificateur. Freud distingue différentes dimensions de la vie psychique et accorde évidemment une place importante à la conscience.
✕ « L'inconscient est une deuxième personne dans ma tête. »
Non. L'inconscient est un concept permettant de penser certains processus psychiques qui échappent à la conscience.
✕ « Si Freud a raison, nous ne sommes jamais responsables. »
C'est une conclusion trop rapide. La question est justement de déterminer comment responsabilité et déterminismes inconscients peuvent être pensés ensemble.
✕ « Un rêve signifie forcément quelque chose de précis. »
Il faut parler d'interprétation : dans la théorie freudienne, le sens du rêve doit être reconstruit.
L'inconscient introduit une limite fondamentale à la connaissance immédiate de soi. Mais cette limite ne signifie pas nécessairement que toute liberté disparaît. Elle invite plutôt à concevoir la liberté comme une conquête : comprendre ce qui nous détermine peut permettre de mieux choisir ce que nous voulons devenir.
Conscience · inconscient · Freud · désir · pulsion · refoulement · rêve · psychanalyse · liberté · responsabilité